Bulles de Vienne




Fabrice MATRON, 49 ans, est un homme heureux, ça se lit sur le visage de ce libraire. Il l’est en fait depuis qu’il y a dix ans, lors de la crise de la quarantaine, il a décidé de faire le grand saut.

Il avait alors effectué toute sa carrière comme cadre dirigeant dans des entreprises de logistique. Il avait déjà un bon parcours derrière lui. Mais il sentait le besoin d’avoir un métier qui le fasse véritablement vibrer. Car sa véritable passion a toujours été la bande dessinée.

Il décide d’ouvrir une libraire spécialisée dans la BD à Vienne, « alors que toutes les normes assuraient qu’une telle librairie ne pouvait survivre si la ville n’avait pas au moins cent mille habitants. On me disait que j’étais fou ! », se rappelle-t-il.

Il réalise une étude de marché, s’appuyant non pas, strico sensu, sur la population de la ville de Vienne, « mais sur son rayonnement », précise-t-il. Ce qui le conforte dans sa démarche.

Il avait vu juste : installée alors 11 rue du Collège, sa librairie qu’il baptise « Les Bulles de Vienne » trouve rapidement sa place et développe son chiffre d’affaires, année après année. Ce qui prouve que même à Vienne, un commerce de niche très spécialisé peut croître et prospérer.

La librairie de Fabrice MATRON a ainsi réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires de 320 000 euros.

A tel point qu’il se retrouve à l’étroit dans ses 60 m². C’est la raison pour laquelle, il y a deux mois, il a emménagé non loin de la rue du Collège, dans un local plus grand, au 79 rue Marchande -85 m²- où il a pu exposer de meilleure façon les quinze mille ouvrages qu’il a en stock. Bingo !

« Depuis que je suis installé rue Marchande, mon chiffre d’affaires s’est développé de façon très sensible », se félicite-t-il.

Ce qui lui permet d’exposer de manière exhaustive l’ensemble de la production de BD, tous genres confondus. « On parle de plus en plus du 9ème art dans les médias. Un nombre grandissant de films sont tirés de bandes dessinées : je suis sur un domaine de l’édition qui a le vent en poupe. »

Ce qui amène Fabrice MATRON à battre en brèche « la réputation que l’on fait injustement à la rue Marchande qui serait sinistrée : ce n’est pas vrai, je le constate tous les jours. »

Loin de lui de ne pas reconnaître qu’il subsiste encore, notamment au bas de la rue, un certain nombre de pas-de-portes qui ne trouvent pas preneurs.

Il a, à cet égard, son analyse. « Je pense que le problème n’est pas dû aux commerçants qui ne seraient pas compétents ou à une clientèle qui serait aux abonnés absents dans cette rue. »

Pour lui, « pour une bonne part, le problème tient aussi aux exigences excessives de propriétaires de locaux commerciaux de la rue dont certains demandent des loyers exorbitants ou exigent six mois d’avance. Dans ces conditions, lorsque les banques examinent le dossier du nouveau commerçant qui veut s’installer, on comprend qu’elles soient frileuses… »

Lui, pense avoir fait le bon choix : « Je suis locataire de mes locaux. J’ai eu la chance de signer avec un propriétaire qui était ravi de valoriser ses locaux commerciaux et de faire en sorte qu’ils soient entretenus, et ce pour un loyer situé dans le marché. »

Fabrice MATRON ne court-il pas le risque de se faire concurrencer comme les autres libraires généralistes par Amazon ou les autres sites de commerces en ligne ? Il ne le pense pas.

S’il a son propre site, il s’agit avant tout d’une vitrine. Il ne compte pas se développer dans le e.commerce. «La Bande Dessinée n’est pas du tout adaptée à la lecture sur tablettes ou sur liseuses. Les amateurs n’aiment pas et préfèrent le livre papier. La BD n’a jamais percé sur le Web ». Il en est ravi.



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