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Ingrid Johanis, directrice de l’usine Calor : « 7 300 m2 de nouveaux ateliers seront prochainement construits à Pont-Evêque »

L’information était tombée en février dernier, via un communiqué du groupe Seb : les fabrications de l’usine que le groupe réalise à Saint-Jean-de-Bournay allaient être rapatriées à Pont-Evêque, amenant le transfert de près de 160 salariés. Pourquoi une telle décision, quelles conséquences et quel avenir pour ces salariés ? Entretien avec Ingrid Johanis, directrice de l’usine Calor de Pont-Evêque, en charge de ce dossier.

Pourquoi cette décision de rapatriement des fabrications de Saint-Jean-de-Bournay à Pont-Evêque ?

Ingrid Johanis-Nous visons un objectif de compétitivité et d’efficacité industrielle.

En effet, les fers à repasser et les centrales à vapeurs que nous produisons connaissent un renouvellement accéléré de leurs gammes. Or, ces nouvelles gammes sont de plus en plus techniques, ce qui se répercute dans l’outil industriel. De même nos clients nous demandent de plus en plus de personnaliser leurs produits.

Tout ceci nécessite de grosses machines qui n’existent pas à Saint-Jean-de-Bournay, l’usine saint-jeannaise n’étant pas adaptée pour les accueillir. Il faut savoir que désormais avec une seule machine nous arrivons à fabriquer tout en un.

L’usine de Pont-Evêque est donc, elle, adaptée ?

Oui, nous avons de la place puisque nous bénéficions d’importantes réserves foncières : l’usine fait 32 000 m2 et nous possédons 100 000 m2 de terrains. Ce qui va nous permettre de construire deux nouveaux ateliers : l’un pour le stockage et le second pour la plasturgie. Cet ensemble va représenter un agrandissement de 7 300 m2 de la superficie de l’usine, soit encore un investissement global de 15,4 millions d’euros : ce qui est très important ! Je suis ravie que l’on investisse à nouveau et à ce niveau dans l’industrie en France.

Tous les salariés de Saint-Jean-de-Bournay vont-ils être transférés à Pont-Evêque ?

Il y a actuellement très précisément 619 salariés à Pont-Evêque et 162 à Saint-Jean-de-Bournay qui, je vous le confirme, retrouveront leurs postes.

Nous comptons également embaucher des alternants car nous avons besoin de plasturgistes, des compétences d’un haut niveau que l’on trouve de plus en plus difficilement sur le marché du travail.

Quels vont être les gains de compétitivité ?

Ils tiendront au fait que nous produirons sur un seul site. De même, les camions n’effectueront plus 140 000 kilomètres par an, entre Pont-Evêque, Saint-Jean-de-Bournay et notre plate-forme de stockage, ce qui nous fera économiser 15 tonnes de CO2. Au passage par ailleurs, comme nous allons en profiter pour améliorer nos process de fabrication, nous allons aussi économiser 11 000 mètres cubes d’eau de la Gère dans laquelle nous nous approvisionnons.

Quel va être le calendrier ?

Le premier bâtiment destiné au stockage va sortir de terre en août 2019. Et fin 2019 pour le second consacré à la plasturgie.

Le transfert des salariés, ainsi que celui des machines, au nombre de trente-quatre, pourront ainsi débuter au premier semestre 2020.

Avec quel état d’esprit entamez-vous ce transfert ?

C’est un beau projet qui redonne la primauté à l’industrie : c’est une vraie aventure industrielle et je suis fière d’y participer. Il faut savoir qu’il n’y a pratiquement plus de site de fabrication de centrales à vapeur et de fers à repasser en Europe : ils sont tous délocalisés en Asie.

Chez Seb, nous avons fait le choix de produire en France : ce transfert va nous permettre d’améliorer encore notre compétitivité et donc de mieux produire et d’améliorer notre part de marché. Sachez que nous fabriquons déjà à Pont-Evêque six millions de produits par an !



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