Christophe Brosson




Christophe Brosson, un éleveur de 46 ans, a décidé de sauter le pas. Il a démarré sa conversion au bio, le 15 avril 2019. Une aventure qui va durer deux ans. Une démarche, explique-t-il, décidée bien sûr pour les consommateurs de son lait, mais aussi pour lui-même

« Je ne suis pas le seul dans le secteur. Nous sommes de plus en plus nombreux, comme éleveurs à vouloir convertir nos exploitations au bio », raconte avec un large sourire, Christophe Brosson dont l’élevage est situé au hameau Chassenoud, à deux kilomètres au sud de Longes. Une commune par ailleurs très agricole : elle ne compte pas moins de quatorze éleveurs.

L’élevage de Christophe Brosson rassemble un peu plus d’une centaine de vaches : 56 laitières et 45 jeunes femelles. Il produit lui-même pour une grande part l’alimentation destinées à ses bêtes quand elles ne sont pas dans leurs pâturages, soit 30 hectares de prairies permanentes et 55 autres hectares de prairies temporaires en rotation ; auxquelles s’ajoutent 15 hectares de cultures de céréales, blé et orge.

Sa conversion au bio qui a débuté le 15 avril 2019 est le fruit d’une longue réflexion. Nécessaire, car c’est aussi une aventure : la conversion va durer six mois pour ses vaches et deux ans pour ses cultures. « Le bio m’a toujours beaucoup intéressé. Cela rend l’exploitation beaucoup plus autonome vis à vis de l’extérieur, quitte à réduire la production », explique-t-il. Le bio signifie aussi la disparition des filets de sécurité que représentent les produits phytosanitaires. « Cela va me demander beaucoup plus de technicité. Je n’ai pas droit à l’erreur, mais c’est ça aussi qui est excitant », reconnaît-il.

« Mon objectif est de développer des prairies riches en légumineuses, les ensemencer avec plus d’espèces de plantes aptes à fixer l’azote de l’air », poursuit-il.

Il se lance dans le bio pour fournir un produit irréprochable aux clients de la Coopérative avec laquelle il s’apprête à travailler. Mais il le fait aussi pour lui-même : « Passer en bio, pour moi, ça correspond à des valeurs, à une idée d’autonomie par rapport à l’environnement, le fait de ne pas dépendre de fournisseurs. » Il ajoute : « J’aurai aussi des conditions de travail plus faciles, plus saines. Quand on utilise des produits phytosanitaires, on est en première ligne… »

Mais quid du paramètre économique ? En apparence, la première conséquence va être de faire chuter sa production annuelle qui va passer de 460 000 litres de lait à environ 330 000 litres.

Il précise : « Je vends actuellement mon lait conventionnel au même prix que lorsque je me suis installé. ! » Mais explique-t-il, « normalement, je devrais être gagnant. D’une part, je vais rendre mon exploitation presque totalement autonome en supprimant pour une très grande part les intrants, en supprimant les tourteaux de soja par exemple et les produits phytosanitaires. » Il va pouvoir également vendre son lait plus cher.  De 335 euros les 1 000 litres au prix de base actuellement à 450 euros pour le lait bio.

Avec un bémol cependant. « Le bio a le vent en poupe, on le sait ; chez les consommateurs, mais aussi chez les éleveurs. Comme nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir mettre du lait bio sur le marché, la quantité de lait augmente et selon la loi du marché, pour la première fois depuis longtemps, le prix du lait bio a tendance actuellement à chuter un peu », observe Christophe Brosson.

La course entre la production bio et la consommation ne se fait pas toujours au même rythme. Mais vu la valeur ajoutée qu’apporte le bio, l’éleveur de Longes pense qu’il s’agit actuellement d’une situation transitoire.

Ses premières livraisons de lait bio sont programmées pour le mois d’avril 2021…



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69420 Longes

Tel. 06 74 89 18 22