Condat




Evoquer la société Condat dont le siège est installé dans des bâtiments de 30 500 m² à Chasse-sur-Rhône, c’est évoquer les lubrifiants industriels dont elle a fait sa spécialité et dont elle est un des principaux leaders mondiaux.

Elle est notamment « le » fournisseur de la planète de lubrifiants, de ces monstres que sont les tunneliers : on n’a jamais autant construit de tunnels dans le monde que ces dernières années.

A la recherche permanente de nouveaux marchés, sa grande connaissance des sols que cette spécialisation lui a permis d’acquérir, a amené Condat à s’intéresser à un autre marché, de prime abord, pas immédiatement proche : les dépolluants écologiques, fonctionnant soit par bio-stimulation ; ou, encore par lessivage des sols à de très faibles concentrations et de surcroît biodégradables.

« La biostimulation vise à tirer partie des bactéries naturellement présentes dans les sols. En stimulant leur efficacité, elles parviennent à dégrader naturellement les pollutions. Le lessivage est une solution alternative, plus rapide, qui consiste à utiliser des tensioactifs ultra-performants, formulés à partir de matières premières renouvelables, non dangereuses pour l’environnement qui permettent à faible concentration un meilleur rendement d’extraction des polluants que les produits traditionnels», décrit Laurent Debord, un des cadres du top management de la société.
La société chassère a ainsi présenté ces deux nouveaux produits verts, lors du dernier salon Pollutec qui s’est déroulé début décembre, à Lyon-Eurexpo.

Ils s’adressent à un marché potentiel très important. Il faut savoir que la région Rhône-Alpes est en train de mettre en place une filière pour dépolluer les 658 friches industrielles polluées qu’elle possède sur son sol. Or, parmi les participants de cette nouvelle filière figure le pôle de compétitivité Axelera dédié à la « chimie verte », dont Condat est membre : elle fait partie de son conseil d’administration et du bureau, aux côtés d’acteurs, tels que GDF-Suez, Arkema ou Solvay. Un exemple de marché parmi d’autres qui a l’avantage de se situer à demeure.

Condat vient également d’opérer une diversification qui peut apparaître surprenante, mais finalement pas tant que cela. Elle vient d’acquérir « Placentor Végétal », nom de marque d’une pépite lyonnaise de la cosmétique : Sicobel.

Cette dernière fait partie de ces pépites lyonnaises qui tracent discrètement leur chemin. Cette société basée à Dardilly dans l’ouest lyonnais, spécialisée dans les cosmétiques bio ou issus de produits naturels, connaît depuis plusieurs années une croissance à deux chiffres.
Condat vient de racheter 100 % du capital de cette société à son propriétaire, Nicolas Fouchère, 62 ans, un pharmacien qui reste à la tête de la société comme directeur général.
Une stratégie de diversification qui ne date pas d’aujourd’hui : Condat a déjà, depuis plusieurs années, engagé une diversification dans les cosmétiques, notamment à travers sa marque propre, Thalac, destinée aux professionnels. Ainsi, sur les 140 millions d’euros de chiffre d’affaires de Condat, 20 millions d’euros proviennent désormais des produits cosmétiques.
Développant à l’origine ses produits à partir de placentas humains, l’entreprise s’est tournée, en 1991, vers les molécules proches de ce placenta humain que l’on peut trouver dans le monde végétal.
Des produits naturels qui nichent dans les bourgeons de hêtres notamment alpins ou le soja non transgénique. «On y trouve les mêmes acides aminés, oligo-éléments, peptides et sels minéraux que dans le placenta humain. De surcroît, les différentes expérimentations que nous avons menées ont montré que leurs effets étaient même plus efficaces avec les végétaux !», assure Nicolas Fouchère.
A partir de ces produits naturels, Sicobel a développé une gamme de pas moins d’une trentaine de produits différents, vendus en pharmacie et para-pharmacies : des masques anti-âge, aux crèmes ultra-hydratantes, en passant par les anti-cernes, etc.
Pour Nicolas Fouchère, l’entrée de Sicobel dans le giron de Condat va offrir la possibilité à l’entreprise de mettre en place deux types de synergies.
« Au niveau de la Recherche&Développement, Condat possède des machines à Chasse-sur-Rhône qui étaient très onéreuses à acquérir et que nous pourrons désormais utiliser », se félicite-t-il.
Enfin, la présence forte internationale de Condat sur le plan commercial en Asie, en Chine, ou en Amérique Latine (elle réalise 70 % de son chiffre d’affaires à l’export), notamment, va permettre à la marque « Placentor Végétal » de conquérir « de nouveaux et prometteurs marchés ».
Dépolluants verts, produits cosmétiques : Condat continue de s’engager sur un terrain qu’elle connaît bien et qui a fait sa réussite, les produits de niche. On ne change pas une stratégie qui gagne !



Coordonnées :


Condat

104 avec Frédéric Mistral

38670 Chasse-sur-Rhône

Tel. 04 78 07 38 38

http://www.condat.fr