Exploitation Dussurget (EARL DES CHENES)




Ludovic Dussurget, à Estrablin : producteur de lait et de céréales et heureux de l’être.

Malgré les contraintes propres à Estrablin et celles de leur métier d’éleveur, actuellement fragile, Ludovic et Agnès Dussurget respirent la sérénité et le bonheur tranquille. Ce couple d’agriculteurs explique retirer un revenu suffisant de leur exploitation de 92 hectares, leur permettant d’en vivre correctement. Contrairement à certains de leurs confrères qui souffrent. Ils expliquent pourquoi...

 

A l’heure où l’on constate qu’il est important que subsiste au sein de Vienne Condrieu Agglomération, une agriculture de proximité, il est plaisant de croiser des agriculteurs heureux. Il y en a encore et sans doute plus qu’on ne le croit.

Installé au sein d’un domaine situé à Estrablin, Ludovic qui exploite avec son épouse Agnès, conjointe collaboratrice, 92 hectares est d’abord un éleveur, producteur de lait. Il en produit en moyenne 290 000 litres chaque année, qu’il vend à Sodiaal à Vienne (Yoplait, la petite fleur…).

Il possède ainsi une quarantaine de laitières.

Parallèlement, il est aussi céréalier. Il cultive ainsi du colza, du blé de l’orge et du maïs. Pour nourrir d’abord directement ses vaches, puis il vend le surplus de sa production à la Coopérative Dauphinoise.

On a vu suffisamment de reportages montrant des éleveurs en colère, mécontents du prix payé pour leur lait et qui n’arrivent plus à rémunérer leur travail. On ne peut s’empêcher de poser la question à Ludovic s’il arrive à vivre de son élevage. Et celui-ci de répondre sans sourciller : « Moi, je ne me plains pas ».

Il se dit heureux, même si du fait des contraintes de la traite, il ne prend en famille qu’une semaine de vacances par an et quelques week-ends.

Cela ne signifie pas qu’il est satisfait du prix payé pour son lait, néanmoins pour 90% de sa production,  il ne le vend pas à perte.

Les quotas laitiers ont disparu sur le papier, mais en réalité, explique-t-il, ils subsistent. Ludovic a cependant la chance que 90 % de sa production laitière lui soit payée au tarif dit A, soit 300 euros les mille litres. Auxquels il faut rajouter 30 euros de primes pour la qualité de son lait.

Environ dix pour cent de sa production lui est en revanche payée au prix B, beaucoup moins rémunérateur : autour de 200 euros.

En fait, ces quotas dépendent de l’histoire de chaque exploitation et de leur ancienneté en la matière.

Ludovic, 47 ans, qui a d’abord travaillé avec ses parents en GAEC, après être passé pour sa formation par Agrotec à Seyssuel où il a obtenu son BEPA agricole et son CAP de mécanique auto, a repris avec son épouse l’exploitation en EARL, il y a treize ans.

Il a d’abord eu la chance de ne pas devoir investir de manière importante, pour mettre son étable aux nouvelles normes. « Contrairement à certains de mes confrères qui ont dû lourdement investir et dont les exploitations sont lestées d’une lourde dette… »

Dernière contrainte pour Ludovic et Agnès : leur exploitation étant située sur la zone de captage des eaux de Vienne, une zone vulnérable, des contraintes en matière d’engrais et de lisier leur sont imposées.

Ce qui ne gêne pas outre mesure l’agriculteur estrablinois, adepte de l’agriculture raisonnée « Moins on étend d’engrais mieux c’est », lance-t-il.

Le niveau qui lui est imposé, à l’instar d’ailleurs de la petite dizaine d’agriculteurs estrablinois, lui convient tout-à-fait. « Ce niveau n’interfère pas sur ma productivité », se félicite Ludovic. Il atteint ainsi en moyenne de 70 à 80 quintaux/hectares.

Grâce à la bonne santé économique de son exploitation, il prévoit de s’agrandir pour améliorer encore l’élevage de ses génisses.



Coordonnées :


500 chemin de Granges neuves, Estrablin

Téléphone : 04 74 58 02 29