Ferme Lentillon




Laurent Lentillon, agriculteur à Jardin : « j’adore mon métier… »

A l’heure où les agriculteurs descendent dans la rue pour dénoncer leur mal-être et leurs faibles revenus, il est intéressant d’entendre les paroles de l’un d’entre eux, à Jardin, Laurent Lentillon.

Il adore son métier, arbore en permanence un large sourire, mais n’entend pas cacher les difficultés qu’il rencontre, à l’instar d’un bon nombre de ses confrères.

« Il existe six ou sept types d’agriculteurs, très différents les uns des autres. Dans le maraichage, les adeptes du circuit court arrivent à faire bouillir la marmite, dans la viticulture aussi, par exemple, mais ce n’est pas un cas général. »

Laurent Lentillon figure parmi les agriculteurs qui sont confrontés à des difficultés : il fait pousser des céréales (blé, orge, maïs, colza et sorgho) et élève une trentaine de vaches allaitantes. En sus : « des coupes de bois pour arrondir les fins de mois… ».

« J’ai 109 hectares dont 75 en céréales et le reste en prairies, le tout en fermage, pourtant, selon les cours et les difficultés climatiques, mes ressources oscillent, selon les années entre 5 000 euros et 20 000 euros par an », décrit-il. Et d’ajouter : « Heureusement j’ai eu la bonne idée de construire ma maison il y a longtemps, je n’ai pas de loyer à payer et mon épouse qui ne pourrait pas sortir un salaire en travaillant avec moi, est salariée dans une coopérative de Saint-Quentin-Fallavier, çà aide pour les fins de mois », décrit-il.

D’autant que pour maintenir son outil de production en état, il doit investir chaque année, explique-t-il « de 8 000 à 15 000 euros ».

Il aime beaucoup son métier, les responsabilités et les remises en cause permanentes que sa profession, soumise au caprice du temps, implique, explique-t-il, « mais à l’arrivée, si l’on calcule, on se sert un salaire horaire de quelques euros seulement, pas plus ! ».

Il pense néanmoins « être arrivé à un certain équilibre économique, ce qui devrait me permettre de tenir jusqu’à la retraite. »

Pourtant Laurent Lentillon qui est à la tête d’une exploitation que l’on pourrait qualifier de moyenne, produit bon an mal an, un total de près de 500 tonnes (480 tonnes l’année dernière) de blé, orge, maïs, colza et sorgho (qui résiste bien à la sécheresse), vendus à la Coopérative Dauphinoise. Ses veaux, eux sont cédés à des maquignons et partent soit en France, soit en Italie.

« Il n’existe plus que cinq exploitants agricoles à Jardin, beaucoup moins qu’il y a une vingtaine d’années », regrette-t-il.

Et d’après lui, ce chiffre va encore baisser : « J’ai 49 ans, mon fils ne reprendra pas, c’est sûr. Que va devenir mon exploitation quand je partirai à la retraite ? On sait que dans les dix ans à venir, près de la moitié des agriculteurs prendront leur retraite. Vu les difficultés de notre métier, il est peu probable que tous les partants soient remplacés. » Quid alors du rôle de jardinier du paysage que jouent les agriculteurs ?

Mais de conclure, de manière somme toute optimiste : « Tant que l’on verra encore des vaches dans le pré, cela constituera un bon signe ! »

 

 



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