Florent Michel, maraîcher Bio




Vous avez sans doute entendu parler des Amap, ce système qui s’est développé dans toute la France et qui permet chaque semaine à de nombreuses familles de bénéficier notamment de légumes et de fruits frais, bio de surcroît. Maraîcher à Condrieu, Florent Michel s’est si bien inséré dans ce nouveau mode locavore de distribution que celui-ci représente 90 % de son chiffre d’affaires.

Le Français se soucie à juste titre de plus en plus de ce qu’il y a dans son assiette. Il désire des fruits et légumes sains, sans pesticides ni fongicides, et dont il connaît la provenance.

C’est ainsi que sont nées les Amap, suite d’abord à une initiative de la région marseillaise qui s’est propagée dans toute la France comme une traînée de poudre.

Pas une commune, petite ou grande, sans son ou ses Amap, dont l’acronyme signifie Association pour le maintien d’une agriculture paysanne.

Le concept est simple et c’est sans doute ce qui a fait son succès : une association se crée, qui passe des contrats de distribution avec des producteurs. Ceux-ci fournissent chaque semaine des légumes et des fruits, voire aussi d’autres produits comme des œufs, des fromages ou de la viande.

Plusieurs paniers sont proposés en fonction de la taille de la famille. Les Amapiens récupèrent une fois par semaine leur panier à une heure et à un lieu convenu.

Un concept qui a le mérite de permettre le maintien, voire de développer une agriculture de proximité. Tel est le cas de Florent Michel qui depuis 2013 est installé à Ampuis sur un terrain alluvionnaire de 1,5 hectare de terres pour le maraîchage doté de quelques serres « froides », ainsi qu’un verger où il produit du jus de poire bio.

Un terrain situé non loin du Rhône, bénéficiant d’une nappe phréatique proche : il s’est d’emblée inséré dans ce nouveau mode de distribution sans intermédiaire, ce qui lui a permis de démarrer son exploitation.

Le maraîcher propose ainsi trois paniers à 8, 11 et 16 euros, qu’il fournit chaque semaine au marché aux fruits de Condrieu à 45 Amapiens condriots : salades, choux fleurs, radis, épinards, céleri, etc., selon la saison. Ainsi, six à sept légumes garnissent le panier à 16 euros.

Il fait de même à Genas, dans la banlieue Est de Lyon, alimentant là 65 Amapiens.

Et à l’arrivée, les Amap constituent 90 % de son chiffre d’affaires de 60 000 euros HT, lui offrant le débouché d’une centaine de clients. Ce qui lui permet de sortir un salaire en relation avec les contraintes de son travail : « Avec ce système, j’arrive à vivre correctement de mon métier », se félicite-t-il. Il embauche en outre un travailleur saisonnier à mi-temps, d’avril à octobre.

Les 10 % restants de son chiffre d’affaires sont réalisés par le biais de deux épiceries proches. Il transforme aussi lui-même une partie de sa production : choucroute, caviar d’aubergine, ratatouille, notamment, « ce qui me permet de diversifier le contenu des paniers en hiver », explique-t-il.

C’est un nouveau mode de distribution de forme associative : chaque année, les Amapiens se réunissent en assemblée générale en présence du ou des fournisseurs de l’Amap qui peuvent échanger ensemble, faire évoluer si nécessaire le système.

Florent Michel est en outre administrateur de l’Union des Amap de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Une région qui pèse bon poids en la matière, puisqu’on n’y compte pas moins de 160 Amap. « Chaque année, nous voyons arriver de nouveaux adhérents », se félicite le jeune maraîcher qui a pu d’emblée pérenniser son exploitation dans un monde agricole actuellement en pleine transition.