GAEC du Mont Monnet




L’innovation existe aussi à la ferme. Un exemple : le GAEC du Mont Monnet

 

Croire que l’agriculture est immuable est une fausse idée. La ferme est aussi un terrain propice à l’innovation : en témoigne le Gaec du Mont Monnet à Longes (Rhône) qui a réussi à fortement diminuer les emballages plastiques et qui a aussi innové au niveau commercial, distribuant en direct, presque intégralement tous ses fromages. Ce qui rend l’exploitation parfaitement viable.

Il existe des éleveurs qui ont du mal à joindre les deux bouts, surtout lorsque le cours du lait est au plus bas. D’autres éleveurs s’en tirent plutôt bien. Parce qu’ils créent eux-mêmes leur valeur ajoutée en transformant leur lait en fromages qu’ils vendent en direct.

C’est le cas du Gaec familial du Mont Monnet qui rassemble un couple d’éleveurs, Joël et Huguette Ballas, leur fils Quentin, et la sœur de Joël, Céline : ils élèvent à la fois des chèvres et des vaches pour transformer leur lait à demeure en fromages dans leur atelier.

Dotée de 95 hectares, les 50 vaches laitières de la ferme produisent près de 365 000 litres de lait par an, et les 35 chèvres produisent environ 28 000 litres de lait par an. Du lait caprin transformé en  totalité, et une importante partie du lait bovin est vendue à la fromagerie Guilloteau à Pélussin.

 

Un Développement de leurs circuits courts

 

Cette volonté de circuit court va encore plus loin car ce Gaec produit aussi lui-même les aliments dont se nourrissent ses animaux : du blé, de l’orge, du triticale  (une céréale fourragère située entre le blé et le seigle), du foin, de la luzerne et un peu de maïs. Peu d’engrais chimiques, ou d’intrants divers : on est là dans l’agriculture raisonnée.

En charge de ce secteur de l’exploitation, Céline et Huguette Ballas sont celles qui, au sein du petit atelier de l’exploitation, transforment le lait des chèvres et des vaches en fromages.

Pour répondre aux besoins variés de leur clientèle, elles ont développé toute une gamme extrêmement variée : de la rigotte de Condrieu, puisqu’on est là en pleine zone d’appellation, en passant par le fromage blanc, les faisselles, les fromages frais, mi-secs affinés ou aromatiques pour l’apéritif, etc.

A l’écoute de leurs clients, elles leur ont proposé de réutiliser les mêmes barquettes pour les faisselles. Ce sont les clients qui les nettoient, les ramènent et se font servir. “Cela permet d’éviter le gaspillage de plastique”, explique Huguette Ballas qui constate que ses clients apprécient.

Toute la production du Gaec est distribuée en direct, soit sur les marchés à Vienne, Longes et Rive-de-Gier, avec un camion fromager, spécialement aménagé, soit au sein de magasins de producteurs, à l’instar de Prim’arché à Chonas-l’Amballan sur la N7. L’équipe du Gaec livre également à l’association “Récolter” qui redistribue ses produits à des cantines scolaires.

 

Un esprit d’innovation permanent

 

Un “drive” a également été créé pendant le confinement à Loire-sur-Rhône “le petit panier Loirard” : il perdure. Un mode de fonctionnement qui a permis à l’exploitation de passer sans trop de dommage le choc du Covid-19. “Je crois que dès le début nous avons fait les bons choix dans notre exploitation et pris la bonne direction”, se félicite Huguette Ballas.

“Pendant le confinement on a vu la demande augmenter de près de 30 %”,  se remémore-t-elle avec un large sourire. Ce qui illustre une grande souplesse dans la mesure où il a fallu pallier en quelques jours, les commandes émanant des restaurants et de cantines qui n’arrivaient plus… Et bonne nouvelle, l’appétence des consommateurs pour les fromages issus du Gaec a continué de se prolonger, après le déconfinement… La recherche de circuits courts, de produits facilement traçables dont on connaît l’origine, semble bien être une tendance lourde. Les exploitants qui l’ont compris en tirent les dividendes, gage d’une agriculture de proximité qui s’avère pérenne… Et de surcroît, on vient de l’expérimenter, une démarche fort précieuse en période de crise!