Gerken




Gerken fabrique dans ses ateliers des milliers de produits « de niche ».

La SNCF, les fabricants d’éoliennes ou encore l’industrie : tels sont quelques-uns des clients de la société Gerken, installée sur la ZAC de l’Orme à Condrieu. Une entreprise de treize salariés qui a développé un savoir-faire que seules possèdent quelques entreprises. Elle fabrique des petites séries d’éléments utilisant le carbone ou le graphite, indispensables, par exemple, pour faire rouler les trains ou faire tourner les éoliennes.

Il n’y a pas que des vignes ou des commerces à Condrieu. On y pratique aussi l’industrie. L’une des entreprises les plus importantes du petit pôle industriel de la commune est Gerken.

Le vin a joué un rôle dans sa création, car l’homme qui a créé cette société en 1986, Léopold Gerken en était un grand amateur. C’est la raison pour laquelle il a jeté son dévolu sur Condrieu, au cœur des Côtes-du-Rhône septentrionales pour créer l’entreprise qui porte son nom. Comme pour les start-up, la petite histoire raconte que les débuts de Gerken ont eu pour cadre un garage.

Et ce, avant d’installer l’entreprise dans une « usine en blanc » qu’avait construit la municipalité d’alors dans le but de développer des emplois. Gerken, qui a ensuite repris en 2008 et 2009 des locaux contigus, en est désormais le propriétaire : l’entreprise se déploie sur près de 1 200 mètres carrés.

La spécialité de cette entreprise d’origine belge, mais désormais dans l’orbite de la société américaine Wabtec (20 000 salariés), via une de ses filiales françaises Faiveley, c’est ce qu’on appelle des produits « de niche », c’est-à-dire correspondant à un marché peu concurrencé car très spécifique et ne nécessitant pas de longues séries. Impossible ainsi à produire sur une chaîne. Les produits qu’élabore Gerken sont à base de carbone ou de graphite qui possède la même structure moléculaire que le diamant et est doté d’une forte conductivité électrique et d’une grande résistance à la chaleur ; ces deux matériaux étant choisis pour leurs propriétés spécifiques.

Des produits réalisés façon cousu-main par les cinq techniciens des ateliers. Laurent Guillot, ingénieur Itech-Lyon, le directeur de Gerken France dans l’entreprise depuis 2001 explique : « nous ne fabriquons pas de matériaux à Condrieu, ni n’effectuons de traitements chimiques ou thermiques : nous procédons à l’assemblage, à la finition et effectuons un peu d’usinage ».

L’un des plus importants clients de la société est la SNCF, et au-delà toutes les entreprises qui fabriquent ou utilisent des véhicules utilisant l’électricité pour se mouvoir et circulant sur des rails : des trains, des tram-trains, des tramways. Parmi les clients de Gerken, on trouve aussi par exemple le groupe Alstom.

Pour tous ces clients, Gerken fabrique des balais en carbone, nécessaires pour faire fonctionner les moteurs ou des retours électriques vers les voies pour permettre à l’électricité de s’évacuer. Ou encore des « baguettes » qui assurent la jonction avec les fils électriques des caténaires SNCF. La société condriote fabrique aussi des « balais » pour les alternateurs d’éoliennes. Son troisième débouché est l’industrie : elle fabrique des « conducteurs » pour guider le verre plat de l’usine Eurofloat de Salaise-sur-Sanne, par exemple ou pour les usines d’aluminium. Plus récemment, plus high Tech encore, l’entreprise propose aussi désormais des outils de maintenance préventive permettant de détecter l’usure des fils électriques des trains ou des tramways : elle vient ainsi d’effectuer tout un panel de mesures au sein du réseau du tramway de Lyon.

Tous ces matériaux sont élaborés par un service d’ingénierie de deux personnes. Au total, l’entreprise emploie treize salariés. Au sein des ateliers, les produits sont testés en conditions réelles et vérifiés, voire même revérifiés. « Il n’est pas question qu’un moteur de train tombe en panne par exemple, bloquant plusieurs milliers de voyageurs et coûtant à la SNCF plusieurs centaines de milliers d’euros. Ce que nous produisons ici est fiable à 100 %. Nous avons des clients très rigoureux », souligne Laurent Guillot avec un large sourire. Pour ce faire, l’usine est certifiée iso 9001 et s’apprête également à l’être pour la norme iso 14001.

Une relation de confiance s’est ainsi créée avec ses clients, gage de pérennité de l’entreprise. En 2001, Gerken réalisait 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cette année, elle en prévoit 6 millions dont 15 % à l’export ; et ce, avec le même nombre de salariés…



Coordonnées :


04 74 59 59 15

www.gerken.f