La Bergerie des Guettières




La Bergerie des Guettières à Moidieu-Détourbe surfe sur le goût retrouvé du fromage de brebis

 

Elevant une centaine de brebis à Moidieu-Détourbe, Patrice et Sandrine Charbonnière transforment chaque année près de 11 000 litres de lait en fromages à la réputation grandissante. Histoire d’une reconversion.

 

Histoire d’une reconversion professionnelle

 

Le domaine des Guettières à Moidieu-Détourbe, à un quart d’heure de Vienne, c’est l’histoire d’une reconversion professionnelle, d’autant plus réussie qu’elle a concerné un couple.

C’est l’histoire de Patrice et Sandrine Charbonnière qui, en 2012, ont décidé de changer de vie et qui sont pleinement heureux de ce choix, il suffit de voir leur large sourire lorsqu’on les rencontre. Patrice, 45 ans, s’était tourné vers un métier très différent :  technicien de maintenance dans une entreprise lyonnaise, dans lequel il ne se réalisait pas pleinement. Son souhait, était d’être éleveur. Il élevait déjà par hobby quelques brebis depuis 2005.

Elle, Sandrine, petite-fille de cultivateurs, 45 ans également, était infirmière puéricultrice à l’hôpital Lucien Hussel de Vienne.

C’est Patrice qui s’est lancé le premier, après un an de formation au lycée agricole de la Côte-Saint-André, le temps de donner l’élan à l’exploitation. Sandrine l’a rejoint à plein temps il y a six mois.

Tous les deux ont donc décidé de quitter leurs métiers respectifs pour reprendre pour un tiers, les terres familiales, puis de louer les deux tiers restants, pour élever des brebis, rien que des brebis, au nombre d’une centaine, de race lacaune qui est  originaire de l’Aveyron.

 

Un projet entrepreneurial accompagné

 

Il a fallu du courage, mais aussi de l’enthousiasme pour se lancer… mais aussi de l’argent : l’investissement initial s’est établi à près de 100 000 euros, selon Patrice qui a notamment bénéficié d’un “prêt berger” de 40 000 euros. Il a également mis dans l’affaire son indemnité de départ de son ex-entreprise.

Les débuts ont été difficiles.  Ils ont heureusement été accompagnés au début de leur aventure entrepreneuriale par la Chambre d’Agriculture, en lien avec la stratégie agricole du territoire.

 

La définition de leur nouveau savoir-faire

 

“Nous avons lancé la production, au début, sans trop penser aux débouchés commerciaux”, reconnaît Patrice.

Il lui a fallu d’abord arriver à faire des fromages irréprochables. Il produit des yaourts et des fromages fermiers. Et envisage aussi à l’avenir de produire également de la tomme, un fromage offrant une plus longue conservation.

Le travail et la passion ont fait leur œuvre : la qualité de leurs fromages de brebis s’est hissée désormais à un tel niveau que la demande affluant, il arrive souvent désormais qu’ils manquent de produits pour répondre aux commandes ! Désormais, le lait qu’ils produisent, soit en moyenne près de 11 000 litres par an, est intégralement transformé en fromage, au sein d’un atelier qu’ils ont édifié.

 

Leur réseau de distribution

 

Ils utilisent trois canaux pour vendre leur production. Ils sont d’abord associés à un magasin de producteurs, “Saveurs Paysannes” à Crémieu, mais sont aussi tous les samedis matin sur le marché de Vienne, et enfin et surtout, ils vendent directement à la ferme, tous les dimanches matins. Ils ont su créer une clientèle qui ne cesse de grandir au fil des semaines.

Un événement inattendu leur a donné un coup de booster : le confinement. Celui-ci a eu un côté positif en rappelant aux consommateurs locaux qu’il existait des producteurs de proximité. Ils ont notamment été soutenus par les efforts de publicité faits en ce sens par Vienne Condrieu Agglomération. “En quelques semaines, nous avons eu trois fois plus de clients” s’étonne encore Patrice.

 

Leurs projets de développement

 

Patrice et Sandrine n’arrivent pour l’heure qu’à sortir un petit salaire chacun. Ils  s’attendent au cours des toutes prochaines années à voir leur travail mieux rémunéré. Non seulement, ils auront commencé à avoir remboursé une partie de leurs emprunts, mais ils comptent encore élargir prochainement  leur cheptel et diversifier donc les fromages qu’il produisent en proposant aussi dès l’année prochaine, une tomme de brebis. Ce qui devrait attirer encore plus de monde devant leur petit atelier-vente situé sur leur exploitation. Mais leur meilleur moteur, avouent-ils, est la reconnaissance de leur travail par leurs clients et les compliments qu’ils reçoivent…



Coordonnées :


contact@bergeriedesguettieres.fr

Vente à la bergerie, le dimanche matin, de 9 h à 12 h.