Ogier Fruits




Lorsqu’on se développe à l’exportation, il vaut mieux savoir être réactifs. Ainsi quand ils ont appris l’embargo avec la Russie du fait du conflit Ukraine/URSS, Jerôme et Nicolas Ogier étaient bien ennuyés. Pour une bonne et simple raison : la Russie est l’un de leur plus gros marché à l’export.

Ils ont dû viser très rapidement d’autres pays, à l’instar de l’Autriche et de la Grande-Bretagne.

Quand on possède cinquante hectares cultivés en arboriculture sur différentes communes, telles que les Balmes viennoises, Communay, Marennes, Chuzelles ou Serpaize ; que l’on produit chaque année de 1 000 à 1 200 tonnes de poires-leur spécialité et leur image de marque-, mais aussi des pommes et autres fruits, on ne peut échapper à une réflexion stratégique.

Celle-ci s’est traduite pour Jérôme et Nicolas Ogier, respectivement 38 et 28 ans, par deux axes de développement.

Le premier est l’exportation. Même si leur production phare, la poire est plus difficile à transporter que la pomme : mais cela s’apprend !

Deuxième axe : la transformation des fruits, afin de leur donner de la valeur ajoutée.

Côté export, les fruits, conditionnés dans le bâtiment contigü à l’exploitation prennent chaque jour la direction de  la France, bien sûr, mais aussi de nombreux pays européens.

Pour diminuer les coûts de transport, très lourds dans ce type de produit à faible valeur ajoutée, Jérôme Ogier a joué la proximité de l’exploitation familiale avec le contournement Est de Lyon. « Nous complétons le chargement de nombreux transporteurs, ce qui nous permet de bénéficier de prix à la marge, et donc de tarifs de transport compétitifs », précise Jérôme Ogier.

La transformation des fruits passe par le développement de la distillerie. Ogier Fruit bénéficie en effet d’une licence de bouilleurs de cru, ce qui permet à la société de produire de l’eau de vie de poires Williams, mais aussi de mirabelles et d’abricots.

S’y ajoute le développement d’une vaste gamme de jus de fruits et de nectars. De nouveaux nectars seront d’ailleurs lancés en 2015 : pomme-fraise et pomme-cerise, ainsi qu’un jus de pomme reinette.

La distribution de ces nectars et jus de fruits passe à la fois par une enseigne nationale qui en a l’exclusivité, mais aussi par trois magasins de producteurs de la région.

Enfin, les deux frères Ogier qui ont planté, à titre personnel cette fois, trois hectares de syrah et de viognier sur les coteaux de Seyssuel, sont également membre de Vitis Vienna qui, regroupant les viticulteurs des coteaux de la rive gauche du Rhône, milite pour la création d’un appellation spécifique de ce terroir.

Côté export, plus que jamais, l’heure est à l’offensive : « Nous voulons continuer à nous développer sur les marchés extérieurs », lance Jérôme Ogier qui vient de rencontrer des importateurs allemands.

A noter que pour la petite histoire, l’entreprise seyssuelloise fournit trente tonnes de fruits destinés à Euro-Disney à Marne-la-Vallée pour la fabrication de… « Pommes d’amour ».

Résultat, une dynamique a été enclenchée lorsque Jérôme et Nicolas ont repris l’exploitation arboricole familiale en 2008 en co-gérance, via une earl (exploitation agricole à responsabilité limitée) : chez les Ogier, on est arboriculteur de pères en fils depuis…1893 !

L’entreprise réalisait en 2008 près de 200 000 euros de chiffre d’affaires avec une poignée de personnes.

Sept ans après, l’exploitation réalise autour d’un million d’euros de chiffre d’affaires et emploie huit personnes, ainsi qu’une soixantaine de saisonniers en période de cueillette.

D’aucuns prédisaient des jours sombres à l’arboriculture qui, c’est vrai, est l’objet d’une forte concurrence en Europe, émanant notamment  de l’Espagne et de l’Italie.

Jérôme et Nicolas Ogier ont prouvé, même si le marché est difficile, avec une consommation de fruits en baisse en France, qu’avec  une solide réflexion stratégique et un travail opiniâtre, une exploitation arboricole pouvait dans notre région, croître et prospérer.



Coordonnées :


04 74 20 44 29

http://www.jl-ogier.com