Olivier Vernay




Olivier Vernay, profession agriculteur par passion

Cet éleveur de chèvres a repris, par passion, l’exploitation familiale qu’il a su développer pour compter à présent 350 bêtes. Rencontre avec un jeune professionnel authentique et pragmatique.

“ Je baigne dans cet univers depuis toujours et j’ai toujours su et voulu reprendre les rênes de l’exploitation familiale. Je savais aussi que ce métier a d’énormes contraintes, mais cela me plaît ainsi“, c’est avec un enthousiasme communicatif que Olivier Vernay dépeint sa profession. Une profession léguée en héritage par son père et aussi son oncle. Le premier élevait des chèvres, le second des vaches. Lorsqu’il prend la suite paternelle, en 2009, il se retrouve à la tête d’un troupeau d’une centaine de chèvres. Un chiffre constant depuis de longues années. Et son objectif est de développer l’activité.

Dix ans plus tard, le pari est réussi. Olivier Vernay possède à présent près de 350 chèvres. “ Je suis monté palier par palier. Je ne voulais pas brûler les étapes. Il y a cinq ans, je comptais 180 chèvres. J’ai testé. Ça a marché et donc aujourd’hui, j’en ai 350. “ A 33 ans, Olivier Vernay, qui a décroché un Bac agricole suivi d’un BEP en la matière à la Côte-Saint-André, a su en effet développer son activité avec pragmatisme. “ Ma relative prudence, au départ, vient du fait que je connaissais les aléas de la profession. De plus, avec les études, vous comprenez qu’il vaut mieux s’appuyer sur du concret que sur des prévisions qui peuvent s’avérer peu crédibles dans les faits“.

Le concret repose, bien sûr, sur la vente de son lait. Olivier Vernay travaille exclusivement avec la coopérative Eurial de Pélussin. Sachant que chacune de ses chèvres produit près de 1 000 litres de lait par an. “ Le lait que je fabrique est de qualité supérieure et il sert à la fabrication des fromages Soignon “. Un joli gage de reconnaissance. Une reconnaissance qui ne doit pas masquer les incertitudes du prix du lait : “ le cours des prix du lait reste l’une des interrogations majeures dans ma profession. On est complétement dépendant de celui-ci. Lorsque les tarifs baissent en grande distribution, on nous demande de baisser nos prix ou du moins de ne pas les augmenter. Et quand, ils sont en hausse, on ne nous permet pas forcément de les augmenter pour autant. Quand je parle de prudence et de pragmatisme, vous comprenez, “ lâche-t-il.

Fort de dix ans de métier, Olivier Vernay se tourne à présent sur l’avenir. Là encore, avec pragmatisme. “ J’ai beaucoup investi au départ pour faire croître l’activité. Si je comptabilise l’ensemble, je ne dois pas être loin des 600 000 euros. Du coup, il me faut d’abord rentabiliser avant d’en envisager d’autres. Et il le faudra bien un jour. Ma profession comme l’ensemble des métiers d’ailleurs n’échappe pas à la transition numérique.

On est nous aussi à la veille d’une révolution ! J’en suis conscient et prêt à passer cette étape. Mais je me donne encore un peu de temps. “ Dans un autre registre, Oliver Vernay se dit également préoccupé par “ le réchauffement climatique, à titre personnel d’abord, la sécheresse que nous connaissons cette année. C’est terrible. Il nous faut revoir nos modes de production et vite car les conséquences pourraient être désastreuses si on ne fait rien“.

Et si ce paysage peut sembler sombre, à lui de conclure par des mots enthousiastes : “ je suis mon propre patron, je suis indépendant et j’aime ce que je fais. Cela n’a pas de prix. »



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