RhôneTrip




Elle est installée depuis peu, en l’occurrence depuis septembre, au sein de la pépinière d’entreprises de Vienne à l’Espace Saint-Germain. Sa particularité : la société RhôneTrip est une start-up touristique. Elle s’est positionnée sur le créneau encore vierge à Vienne, celui de l’œnotourisme. Pas par hasard : ses deux créateurs, Julie et Laurent Tran, ont décelé un beau potentiel. Qui se confirme…

 

Située dans une région où l’on trouve, entre les Côtes-du-Rhône septentrionale et les vins des côteaux de Seyssuel et de Chasse-sur-Rhône,  de très nombreux domaines viticoles, Vienne et la communauté d’agglomération attirent les amateurs de vins du monde entier.

Américains, Allemands, Suisses en tête, mais aussi de nombreux autres étrangers et bien sûr de nombreux Français sont avides de découvrir les vins renommés, Condrieu, Côte Rôtie, Saint Joseph. Ils se débrouillent souvent par leurs propres moyens en s’aidant des renseignements donnés au Pavillon du tourisme de Vienne, mais jusqu’à présent, aucune structure privée n’existait pour accompagner cette tendance grandissante du tourisme : l’œnotourisme.

Cette lacune est désormais comblée par une société qui vient de s’installer au sein de la pépinière d’entreprises de Vienne : RhôneTrip.

Elle a été créée par un jeune couple de passionnés : Julie et Laurent Tran qui demeurent à Cour et Buis.

Depuis un an, ils ont chacun quitté leur travail antérieur pour se lancer dans leur nouveau métier œnotouristique.

Julie qui parle couramment anglais et allemand a été responsable des publics des musées de Vienne pendant quatre ans et guide interprète pour les villes de Lyon et de Vienne (comme auto-entrepreneur) depuis cinq ans.

Laurent qui parle anglais, était lui auparavant commercial en GMS (Grandes et Moyennes Surfaces, distribution) pendant huit ans.

Ils ont dû répondre à trois conditions pour se lancer : il fallait au moins parler deux langues : allemand et anglais. C’est le cas. Le panel s’étendra l’année prochaine au russe et à l’italien, avec des partenaires.

Il fallait ensuite avoir le statut de VTC pour pouvoir transporter les touristes. C’est le cas : ils ont acquis un Vito Mercedes de neuf places.

Il leur fallait enfin avoir de bonnes connaissances en œnologie. Laurent Tran a suivi des cours à l’Ecole du vin de Montpellier (cursus école du vin WSET level 2).

« Nous avons eu par exemple le plaisir d’accompagner récemment un grand producteur de cinéma d’Hollywood, un grand connaisseur de vins qui a bluffé les producteurs qui l’ont reçu », raconte Laurent.

Depuis, le couple enchaîne presque chaque jour des visites avec des clients français bien sûr, mais aussi beaucoup de touristes étrangers et notamment américains. Une clientèle plutôt haut-de-gamme prête à mettre la main au portefeuille pour découvrir les nectars de la région ; et au travers les hommes qui les produisent.

« Nous montons des circuits basés sur la rencontre entre les artisans producteurs de vins et nos clients », explique Laurent Tran.

Parmi les circuits proposés, par exemple : « à l’origine du vin », ou « de la Côte-Rôtie à l’Hermitage ».

Mais ils ont déjà décidé d’élargir leur gamme en proposant de mélanger gastronomie et vin avec, par exemple, un circuit Vins et Rigotte de Condrieu « qui connaît un grand succès ». L’artisanat aussi a suscité leur intérêt avec un autre circuit intitulé « Entre artisans et producteurs ».

Actuellement leur société, RhôneTrip propose au total une dizaine de circuits dont le prix oscille de 55 à 70 euros par personne la demi-journée et de 105 à 115 euros la journée.

Des touristes qui leur sont adressés par les Offices du Tourisme de Vienne, dont ils sont partenaires, et de Lyon, mais aussi par le truchement des réseaux sociaux.

Ils sont d’ailleurs en passe d’être labellisés « Vignobles et Découvertes ».

Le couple travaille également avec la Pyramide et le Domaine de Clairefontaine. Le tourisme œnologique constitue un vrai complément des séminaires d’entreprises par exemple organisés au sein de ces belles tables.

L’affaire tourne rond : ils ont réalisé 72 000 euros de chiffre d’affaires à leurs débuts, lors du premier exercice. Et tablent pour le second sur 110 000 euros de chiffre d’affaires net, « ce qui nous permettra de bénéficier chacun d’un salaire raisonnable », estime Laurent Tran.

Et déjà ce couple de passionnés voit plus loin. Ils comptent déjà embaucher, via un CDD saisonnier, une salariée pendant la haute saison.

Au final, on l’aura compris, Julie et Laurent Tran sont assurément bien partis pour engager un good trip entrepreneurial…