Tuilerie Blache




P-d-g de la « Tuilerie Blache », PME familiale de Loire-sur-Rhône, Mathieu Maillet, 36 ans, détient à son palmarès quelques-uns des plus beaux monuments de France dont le plus proche est le château d’Ampuis.

La société de treize salariés qu’il dirige avec sa sœur a ainsi fabriqué les tuiles qui ont été utilisées pour la rénovation des Hospices de Beaune, ou du palais du roi Fahd d’Arabie Saoudite, mais encore du hameau de la Belle au Bois Dormant à Disneyland Paris, etc.

Cette petite tuilerie née en 1740 est toujours là parce qu’à côté des tuiles plus classiques qu’elle fabrique, elle s’est spécialisée dans les tuiles vernissées, multi couleurs, les tuiles à l’ancienne, à grosse valeur ajoutée, destinées à la rénovation des bâtiments historiques, raison pour laquelle lui a été décernée en 2015 le label « Entreprise du Patrimoine Vivant ».

Chaque année, la Tuilerie Blache produit de 2 500 à 3 000 tonnes de tuiles.
« Nous avons permis aux professionnels du bâtiment de couvrir 6 000 m2 des bâtiments du Grand Hôtel-Dieu, de tuiles canals : ça a été l’un de nos plus importants marchés de ces dernières années : il s’est établi à 300 000 euros  », se remémore Mathieu Maillet. Pour ce faire, il lui a fallu augmenter la capacité de son énorme four permettant de cuire les tuiles à 1 035 degrés.A cet égard son plus gros marché a été celui de la fourniture des tuiles du bâtiment de 60 000 m2 signé Soufflot qui vient d’être fort joliment réhabilité à Lyon : le Grand Hôtel-Dieu, à Lyon, récemment inauguré.

Son entreprise qui a réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires de 1,7 million d’euros est en pleine santé. Nonobstant, Mathieu Maillet a deux inquiétudes pour l’avenir.

Il cherche à embaucher deux salariés, mais…n’en trouve pas ! « Pas besoin de formation spécialisée, il n’existe pas d’école pour la fabrication de tuiles : je cherche simplement des gens motivés, travailleurs pour les former sur le tas… »

Deuxième inquiétude : la terre, une marne spécifique, sa matière première.

Si cette tuilerie est installée à Loire-sur-Rhône c’est que s’y trouvait et s’y trouve d’ailleurs encore une veine de terre dont l’extraction a dû être interrompue dans le passé par la découverte de deux défenses de mammouths ! Impossible depuis de poursuivre l’extraction.

Depuis plusieurs années, l’entreprise s’approvisionne donc au sein d’une carrière située près de Givors, mais celle-ci est en voie d’extinction.

Il va lui falloir trouver d’ici quelques années une nouvelle source d’approvisionnement, à proximité. Il en existe à Saint-Romain-en-Gal : « si les Romains s’y sont installés c’est qu’il y existait de la matière première pour leurs poteries ou leurs amphores : la commune possède une veine importante. »

Reste qu’il lui faut rapidement acheter un terrain, l’exploiter et pour ce faire que le PLU (Plan Local d’Urbanisme) le permette et qu’il bénéficie pour ce faire de toutes les autorisations nécessaires. « J’ai en vue une parcelle de 1,5 hectare de marne bleue, à Saint-Romain-en-Gal. Il est urgent que le projet débouche ! », lance Mathieu Maillet avec une pointe d’inquiétude.

Une condition nécessaire pour qu’il puisse continuer à recouvrir les toits des chefs d’œuvres architecturaux du passé et à développer sa société.