La prometteuse start-up viennoise Quarness veut améliorer l’efficacité et le bien-être au travail des soignants des hôpitaux

On le sait l’hôpital français est en crise. A son niveau, Stéphane Ruton, le créateur de la start-up viennoise Quarness peut apporter sa pierre. Non négligeable. L’application qu’il a mis au point avec Apple permet véritablement une meilleure communication entre les soignants d’un même hôpital, d’un même service, leur faisant gagner beaucoup de temps et éviter des erreurs. L’hôpital de Vienne pourrait en bénéficier, mais aussi les 3 000 hôpitaux et cliniques français…

La pépinière d’entreprise de l’Espace Saint-Germain n’en finit pas d’enrichir le terreau entrepreneurial viennois.

Beaucoup de start-up qui ont été incubées, une fois quitté la pépinière après deux ans de présence, comme le veut son fonctionnement, restent à proximité. C’est le cas de la start-up Quarness de Stéphane Ruton, 50 ans, qui s’est installé dans l’immeuble Ellipse, une centaine de mètres plus loin.

Cet ancien cadre commercial travaillant pour de grands groupes spécialisés dans la santé a décidé de se mettre à son compte pour développer une idée qui avait germé à l’occasion de son activité dans son job précédent qui l’amenait à pénétrer dans des dizaines d’hôpitaux ou de cliniques : l’un des problèmes n°1 est celui de la communication entre soignants. Selon certaines études, entre les coups de téléphones, les discussions dans les couloirs, ladite communication peut absorber jusqu’à 25 % du temps d’un soignant ! Comment l’améliorer ?

Il a donc créé son entreprise en 2013 qui a été accueillie au sein de la pépinière d’entreprises, tandis qu’un partenaire ouvrait une filiale à Tel Aviv en Israël, chargée de la partie développement technologique.

Stéphane Ruton a ainsi utilisé les technologies mobiles et notamment l’iPhone d’Apple pour concevoir un réseau de communication au sein des établissements de soin. Un réseau, ce qui est très important, est centré sur les besoins exprimés des soignants, des médecins, des chirurgiens, des infirmières et infirmiers.

La solution proposée par la start-up viennoise est simple et évolutive. Elle fonctionne via un cœur de messagerie instantanée et sécurisée qui va connecter les soignants entre eux.

A travers cette messagerie, un soignant peut envoyer un message d’alerte qui a besoin d’être partagé pour trouver par exemple une remplaçante à une infirmière absente, sans avoir à passer une douzaine de coups de fils.

Le système Quarness fonctionne grâce à une plateforme mobile qui intègre une solution de Messagerie Instantanée cryptée et sécurisée (Quarness IM), ainsi qu’une plateforme personnalisable.

Le concept a déjà séduit l’institut Mutualiste Montsouris à Paris, l’Hôpital Américain de Paris et le Centre Hospitalier du Puy-en-Velay où il est en cours d’installation. Des discussions pour l’implanter à l’hôpital Lucien Hussel de Vienne sont également en cours pour démarrer un « pilote » avec le service des urgences.

Il est vrai que Stéphane Ruton vient de bénéficier d’un sérieux coup de pouce, puisque sa société a été lauréate, parmi quinze concurrents, d’un concours lancé par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et le CHU de Nantes. Il a répondu à un appel à manifestation d’intérêt concernant l’hôpital numérique de demain : banco !

Il va ainsi être accompagné par les Hôpitaux de Paris et le CHU de Nantes pour développer sa solution. Un partenariat qui va lui permettre de bénéficier de bel effet vitrine avec l’expérimentation d’un site pilote, un co-développement, etc.

Un joli coup de pouce qui lui permet de voir plus loin désormais après quatre ans de développement. Il vise cette année un chiffre d’affaires de 100 à 150 000 euros.

Seul jusqu’à présent, il vient d’embaucher une assistante et compte bien dès cette année recruter.

Pour assurer un développement qu’il voit désormais rapide, il compte lever de 4 à 5 millions d’euros, « en deux fois ». Il a déjà bénéficié de la part de la BPI (Banque Publique d’investissement) d’une première levée de fonds de 300 000 euros. Il est vrai qu’il a été lauréat Entreprendre pour l’Isère, ce qui constituait déjà un bon test de crédibilité de son projet.

Stéphane Ruton vise non seulement l’énorme marché français et ses trois milles hôpitaux et cliniques, mais aussi l’Europe. Il sait bien que de nombreux concurrents, dont un Américain, lorgnent ce marché qui devrait permettre aux hôpitaux d’améliorer leur efficacité et aux équipes de soignants de diminuer leur stress. La Sécu aussi devrait y trouver son compte !